Ironman Hawaii

October 19, 2015

Bonjour,

 

Ca y est, la saison est terminée pour moi. Elle s'est achevée par une 6e place à l'Ironman d'Hawaii samedi dernier. Je sais que beaucoup de gens pensaient que je pourrais monter sur le podium après ma cinquième place de l'an dernier, mais je suis quand même très satisfait de ce résultat au vu des circonstances de course, et aussi parce que ça reste quand même le deuxième meilleur chrono d'un Français là-bas. Petit (enfin moyen) résumé de course...

 

Pour l'anecdote, la journée sur le site de course commence par le dépôt de petites bouteilles persos pour la course à pied, que je récupérerai à six endroits sur le marathon. (dispositif spécifique à Hawaii, et seulement pour les pros, bien pratique par fortes chaleurs!) Puis on passe tous au marquage, bien inutile puisque celui-ci se fait juste en-dessous de l'épaule, et que ¾ des pros ont des tenues avec manches... D'ailleurs les bénévoles haussent les bras et nous disent que c'est la règle, et qu'ils n'y peuvent rien. Mais on sent bien qu'eux aussi trouvent ça bizarre ! Puis c'est la pesée, qui sert uniquement à faire un différentiel si vous finissez dans la tente médicale en fin de course. Et on accède enfin au parc.

 

Avant le départ, le stress est bien présent. Quelques mots échangés avec les autres Français, et avec quelques athlètes, et finalement on arrive vite au coup de canon. Je suis bien placé, le gros des troupes se situe soit à ma droite, soit à ma gauche, et du coup je ne suis pas trop gêné. Je me retrouve rapidement dans des pieds et je reste bien concentré pour y rester. L'eau est bien claire, et du coup je lève seulement la tête de temps en temps pour vérifier qu'il n'y a pas de cassure... Le rythme est élevé, et au gré des vagues ou des accélérations, je suis parfois obligé de sprinter un peu pour ne pas lâcher. Après le demi-tour je subis complètement pendant 400m. C'est vraiment dur, et au bout d'un moment je suis vraiment content de remonter un peu et de ne plus me retrouver dernier du groupe. Vers la fin de la natation je sens que les jambes sont déjà raides, ce qui promet un début de vélo difficile.

Je me dis qu'à la vue du groupe, je ne dois pas être loin du groupe de tête. Et ça se confirme à la remontée sur le Pier ! Génial ! Par contre, obligé de marcher quelques mètres tellement il y a du monde, je n'avais jamais connu ça ! Petit changement cette année, qui apporte un stress supplémentaire : j'ai des manches à ma trifonction ! Du coup le casque m'attend sur le vélo plutôt que dans le sac de transition. Mais l'enfilage se passera sans encombres, et je pars avec le fameux « Kona train » comme disent certains !

Crédit photo @TrimaxHebdo

 

Une chose est sure, ce train n'est pas un simple TER régional ! Ca part très vite, on double quelques athlètes assez rapidement, on perd quelques wagons aussi... Je serre les dents en attendant que mes quadris se refassent une santé. Très vite on se retrouve derrière la voiture ouvreuse. Cool ! Mais le rythme est très saccadé, il y a quasiment 300m entre le premier et le dernier du groupe, et les 12m minimum entre chaque athlète font que l'on ne profite absolument pas d'un effet d'aspiration. Je me serais bien replacé un peu plus vers l'avant du groupe, mais si on commence à doubler, il faut carrément remonter tout le pack et se placer devant. Ca aurait été un vrai suicide !

Il faut parfois se mettre à bloc pour suivre, et dès que ça monte, le groupe se tasse et je suis même parfois obligé de freiner. Et du coup je ne retrouverai jamais mes jambes. Vers le 40e je dois dépasser par deux fois des athlètes qui ont laissé une cassure, et recoller au groupe. Ca me sera fatal. Je navigue entre 10 et 30s de retard sur le dernier du groupe pendant encore 20km, puis l'écart se creuse irrémédiablement.

 

Psychologiquement, le moment est critique. Pour une fois que je sors avec le groupe de tête, je craque en vélo, mon point fort d'habitude... Mais j'essaye de ne pas trop me désunir, et au demi-tour je compte les athlètes devant moi : 19. On m'annonce 3'30 de retard. Calcul rapide : l'an dernier j'ai posé à 11min de Sebi, et en 8e position... Terminer à environ 10min du leader est encore dans mes cordes, mais pour poser 8e il faudrait une explosion devant !

Je maintiens mon effort malgré tout, mais je me fais déposer par Marino Vanhoenacker d'abord, puis un athlète que je ne reconnais pas, et Boris Stein. Heureusement je reprends aussi quelques athlètes, et du coup je ne suis pas seul sur la Queen K, ce qui aide quand même à ne pas décrocher mentalement. Car ce parcours est quand même particulièrement horrible : c'est très monotone, dur à cause du vent et de la chaleur... Un régal !

 Crédit photo @TrimaxHebdo

 

J'en termine enfin avec la partie vélo après environ 4h35.

Je suis 16e à ce moment-là, et mon but est alors de rentrer dans les 15 pour marquer quelques points au KPR, et ne pas repartir complètement bredouille de Kona. Lors de la transition je rattrape Joe Skipper, et on court ensemble sur les 6 premiers km. C'est normalement un bon coureur, et on se motive l'un l'autre.

Au bout de 500m, Gaël Mainard me dit que le 10e est à 3'30, et le 6e à un peu moins de 7' devant. Le moral remonte instantanément, et le top 10 n'est plus inenvisageable. Un peu avant le demi-tour sur Ali'i Drive, Joe perd du terrain. On croise les autres concurrents, et les 11e au 14e ne sont vraiment pas loin.

Crédit photo @TrimaxHebdo

 

La motivation remonte, et au 16ème km j'attaque la montée de Palani Rd en 11e position, avec le 10e juste devant. Mes potes sont encore là pour me donner les écarts, et tous les Français présents sur place me disent que ça craque devant. Bon, on me dit ça tous les ans, mais là ça semble être vraiment le cas ! Je cours entre 3'50 et 4' au kilo du 7e au 25e km, et les jambes commencent à être très lourdes ! Je m'engouffre dans Le fameux Energy Lab à la 8e place, moins d'une minute derrière le 6e. Mais je commence à coincer, et je ressortirai d'Energy Lab à la même place, avec sensiblement le même écart...

 Il reste 12km, dont 10 en ligne droite, et c'est très long ! Je ne regarde plus la montre, je cours le plus vite possible avec ce qu'il me reste, et je reprends llanos qui lâche prise... Puis c'est Sebi Kienle qui est en point de mire, et, dans un ultime effort, je le dépasse à moins de 4km de la fin. On me dit que le 5e n'est pas loin, que je peux le faire, mais ce dernier s'éloigne de plus en plus, et je n'en peux plus. Je n'ai qu'une envie : que ça se termine.

Derrière il n'y a plus de danger, et je garderai cette 6e place jusqu'au bout. La ligne d'arrivée est une vraie délivrance, comme chaque année ici !

 Crédit photo : Thierry Deketelaere

Et donc, c'est ainsi que se termine la saison. Tout n'aura pas été parfait, mais avec un titre de champion du Monde LD ITU, et une 6e place à l'Ironman d'Hawaii, le bilan est quand-même très positif !

Merci une fois de plus à tous mes partenaires, qui me permettent de réaliser toutes ces performances, et sans qui rien ne serait possible.

 

A bientôt.

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